(2) "JJL-B" veut devenir " DRH"

 

 

Avant de m'attaquer à cette partie, j'ai besoin d'avoir le sentiment de « JJL-B » sur ce qui ressort de ces illustrations d'étapes ; donc je l'interroge :

dis-nous, JJL-B, si tu veux bien, après avoir regardé cette suite d'illustrations, comment vois-tu le parcours d'un tel jeune homme , « ce Jérôme Bouvier » ; et, d'abord quelle a pu être sa motivation initiale ?

 

oui, L'Ajac, je peux te dire 2 ou 3 choses : Jérôme Bouvier, comme indiqué donc, est un enfant de paysan montagnard ! Et formé à l'exemple de ses parents et à la vie dure d'un village de montagne, il en a reçu une énorme énergie ; et ce qui l'a poussé, du moins semble-t-il, à vouloir très tôt quitter le pays, c'est quelque part dans son être un besoin de réussir dans la vie ! Et pas en restant « paysan » , mais en sortant du cocon pour s'en aller ailleurs ! Et poussé aussi par un besoin de

«  travailler dur » comme ses grands-parents, comme ses parents ! Et, il faut le mentionner, peut-être bien quelque part dans son égo un peu de honte de ses origines campagnardes ( plus tard il lui arrivera d'encaisser des moqueries : « sorti du cul des vaches » ! ou « voulant péter plus haut que son cul » ! ô combien salopiaud, n'est-ce pas ?  

 

Donc, cet éclairage apporté, je poursuis en soulignant immédiatement que « JJL-B » eut le goût pour les études, le besoin de travailler et l'ambition de devenir « quelqu'un » ( le député de la région n'avait-il pas suggéré à sa mère de le pousser aux études pour qu'il puisse devenir « fonctionnaire » ) ; donc , son chemin fut vite tracé : départ à 10 ans de son village ; études secondaires,  puis supérieures en Fac à Lyon ; bûchant ses cours , tout en travaillant par des petits jobs, pour découvrir un autre monde, celui du travail après celui de la campagne… ainsi il « fit le pion » dans une école ou un lycée ; puis « serveur » dans un restaurant ; « veilleur de nuit » dans un hôtel ; « moniteur » de colos de vacances ou de centres aérés ; « chargé d'enquêtes » dans un institut de states ; « démarcheur » pour une compagnie d'assurance-vie…

puis vint la première grande épreuve : le service militaire ! Tout de suite, affecté aux Chasseurs alpins

( cela lui allait très bien) ; dans un centre avec tout plein d'étudiants ( comme disait un adjudant style grincheux : « on va te les mettre au pas tous ces universitaires fatigués » ! ) ; JJL-B, donc en fit partie et aussitôt il jugea qu'il devait se battre pour réussir le concours de sortie pour être admis à l' école militaire de formation des élèves-officiers de Cherchell en Algérie ! Et il fut « pris »: 5è sur les 5 retenus dans sa compagnie ! Bravo...

voir le récit de cette parenthèse , sur le site jjl-b chap.IV c  : «  l'Algérie »

 

en 1963 « monté sur Paris », il prit successivement 3 jobs à temps plein ;

employé à l' INSEE ;

puis rédacteur au «  Centre des travailleurs migrants » ;

employé à l'Office d' HlM de Paris, service du contentieux ;

il ne « tenait pas en place : il avait trop besoin de « découvrir »  les « emplois »,  les groupes de salariés, si différents les uns des autres ; les organismes divers avant de passer aux « entreprises » industrielles ou commerciales … et tout au long de ce cheminement de premiers vrais contacts avec la vie professionnelle , il continua d' étudier, de se former !

 

( je vous propose de voir directement avec lui ce qu'était ce besoin de perfectionnement continu )

                                                                                                  à suivre 

 

( suite, le 3 juin) 

   donc,  le mieux encore est de le questionner : 

  • dis-nous, JJL-B, quels étaient tes motivation et but ?

  • «  il me fallait « bosser » ! « dur » ! pourquoi ? Je ne sais pas ...par plaisir ! Il me fallait « réussir » ; et pourquoi encore ? Je ne sais toujours pas ! Pour être toujours « le meilleur »,  sans doute ! Et ne pas me contenter d'une formation théorique mais avoir un contact avec la vie professionnelle ! donc, si en plus de mes cours de Fac, je suivais ceux d'un Institut du Droit du travail et de la Sécurité Sociale, c'était avec un désir d'entrer au B I T, à Génève ! hélas, recrutement refusé à cause de mon ignorance des langues ! Du coup, me voilà apprenant de l'anglais et de l'allemand avec les cassettes ! Là, par contre, trop difficile pour moi, si habitué au simples sonorités du langage patois Chablaisien ! ( et ma formation du secondaire – latin, grec, italien –, ne me servant guère ! ) .Aucun espoir donc d'aller au-delà des frontières! et quand malgré tout , plus tard, je ferais tout seul des voyages à l' étranger, ce sera souvent en dialoguant avec mes mains ! ( imaginez-moi, dans l' arrière-pays de Hong Kong, à la frontière chinoise, prenant le bus sans parler anglais puis, au restau chinois, choisissant les plats avec mon index sur des images !!!

    quand, après mon service militaire et au retour 1 an à Lyon, je monterai à Paris, ce sera pareil : job + formations:par cours du soir : Institut d'administration des entreprises ; très bien ; mais dur et pas passé le diplôme ! ensuite, suivi de cours à l' Institut des Affaires Européennes ; là aussi, sans passer le diplôme ! Et enfin, obtenu un nouveau D E S de Science politique ; mais pourquoi faire ? Allez-donc savoir, je ne le sais pas moi-même ! Plaisir de mieux connaître les structures politiques ! Pour sourire, je vous confie que j'eus à rédiger 2 mémoires ; le 1er : « la démocratie directe dans les cantons suisses » ! Le second : « l'image de la Franc-maçonnerie » ! Et me voilà entrant, tout « tremblant » au Grand Orient de France ! Amusant, n'est-ce pas ? *eh bien, ça c'était moi ! Étudiant « bosseur » mais aussi « blagueur »  ( comme l'était le « meneur » que je fus pour les ados au village de Marphoz dans la vallée chablaisienne du Brevon, au-dessus de Thonon ) ; mais, stop , je repasse la main à l' Ajac qui en a encore beaucoup à écrire sur la promotion sociale de ce jeune campagnard du Chablais ... »                                                                 

    • OK, boss 

 

Donc, vint la première grande épreuve ! Le service militaire ! Tout de suite, affecté aux Chasseurs Alpins ( vous imaginez , cela lui allait comme un gant ), dans un centre avec tout plein d'étu-diants ( comme disait un adjudant style grincheux : « on va te les mettre au pas tous ces universitaires fatigués » ! ) ; JJL-B, donc en fit partie et jugea qu'il devait se battre pour réussir le concours de sortie et être admis à l' école militaire de formation des élèves-officiers de Cherchell en Algérie ! Et il fut « pris », 5è sur les 5 retenus dans sa compagnie ! Bravo...

(voir le récit de cette parenthèse , sur le

site jjl-b chap.IV c  : «  l'Algérie » )

Eté 1963, dans le coffre de la voiture, 2 valises ( la sienne et celle d' Anne choisie comme « accompagnatrice de vie » ) ; tournée vers --- » Paris et … en route pour la grande aventure parisienne !

Le temps de trouver un petit studio (au dernier étage, avec vue sur le Sacré Coeur et les toits de Paris ! Un petit lit, des poutres apparentes, les wc sur le palier, des voisins, jeunes comme eux ! Bref, chaud l'été , froid en hiver …                                                    et les jobs ?

tous deux s'étant connus à l' Inssee de Lyon, réintégrèrent les locaux de celui de Paris pour terminer leurs enquêtes ( le recense-ment industriel de 1963 ) ; ensuite,lui, il  passa au Centre de Sécurité Sociale des Travailleurs migrants ; job « alimentaire » donc, avec des collègues femmes , forcé-ment agréable pour le « coureur de jupons qu'il était ( un peu, seulement ) mais avec  un « chef » qui le prit en grippe: et, lors d'une ultime brimade ( devant les Filles ) ce fut la goutte de trop ! Vlan : une belle baffe au cheffaillon ! Et sortie aussitôt du bureau et de l'organisme  ! il s'en alla alors retrouver une copine , Françoise, qui bossait à l'Office d' HLM de Paris ; sur sa recommandation, il fut recruté aussi sec ! ( travail de bureau et déplacements devant les tribunaux comme avocat de l' office ; très bien …

du coup, tout allait comme sur des roulettes ; un job, des sorties dans Paris, des spectacles ( Anne utilisant toutes les combines possibles pour avoir les prix les plus bas )... nous étions « au top », heureux comme des pinsons au printemps ! Mais …

il fallait à notre JJL-B un poste plus « sérieux », un vrai job , base pour une « carrière » qu'il voulait étincelante comme le   "parisien"  qu'il était devenu !                     hélas, sa recherche buta immédiatement sur des obstacles inattendus: les entretiens se déroulaient pourtant bien, sa formation jugée excellente, ses premiers jobs illustrant bien l'apprentissage de la vie professionnelle  ;   mais : RIEN ! D'où un découragement ( lui rappelant celui de sa fin de « guerre d' Algérie ») ! il lui arriva un coup mémorable ( il y pense encore aujourd'hui) ; il venait d'avoir un entretien d'embauche réussi ( du moins lui sembla-t-il) dans une grande société pétrolière ; le recruteur lui "balançant" : « oh, comme c'est sympathique de voir arriver jusqu'à nous un fils de paysans montagnards de Hte savoie  » ! c'était sans doute une remarque sympa mais il la ressentit fort mal après coup, à la récep-tion de la lettre habituelle :" malgré toutes vos compétences, nous avons le regrets…")     et toujours cette question :

 

      vous arrivez d' où ?

On ne cessait de la lui poser cette question, inattendue : à Lyon, en Fac ; les parents de copines, les recruteurs … agaçante ! Et lui, toujours franc,  de ne rien déguiser !

de luiBref, fort agacé, il finit par écrire au Président du Commissariat à l' Energie Atomique, Louis Armand, d'origine savoyar-de, et … fils de paysan également ! Sa lettre  envoyée = un appel teinté de tristesse et d'incompréhension ! Qui lui valut quelques jours plus tard …. un recrutement au siège du C E A et là, ce fut le départ enfin ! travail de rédacteurs aux "Bureau des Contrats" (les plus divers, de toute taille ) pour le Centre de La Hague alors en construction ! équipe de jeunes Cadres, ambiance professionnelle agréable ; mais parfois prises de contact rugueuses avec deux ou trois « jeunes loups aux dents longues » ; notamment l'un d'eux, JJL-B se trouvant dans le même bureau ; ce collègue ne perdait aucune occasion de se moquer de lui  ainsi, un jour, à midi, à la table du groupe ; il attira l'attention sur «  le mangeur affamé qui pour un peu mangerait la tête et les arrêtes de la truite »( JJL-B la dégustait en pensant à celles que lui faisait griller sa mère quand son père en ramenait de sa pêche ; donc avec plaisir!) ! Cela ne pouvait durer : aujourd'hui on appellerait cela du harcélement comme dans la cour d'une école ! Et, un jour, à la nouvelle vanne du collègue, notre Cadre se lève, se met en face de lui et lui assène une baffe bien appuyée ! Le frappé en restant comme interloqué, bouche ouverte ! Bien entendu, le chef rappliqua aussitôt et changea JJL-B de bureau, le plaçant dans un celui d'un autre collègue (un  breton ) ; non "carrièristes" tous les deux, ils sympathisèrent aussitôt ! Toutefois, l'anonymat de ce travail lui devint assez vite insupportable et alors il se porta candidat aux élections professionnelles des délégués du personnel ; et il fut élu sur la liste de la CFDT ; donc, commença un travail qu'il prit très au sérieux ( s'occuper des autres, participer à la recherche du bon fonctionnement de ce siège de grande entreprise ; en contact avec le Directeur du Personnel …) ; mais vite il eut aussi l'imp-ression que cela provoquait une certaine jalousie autour de lui et une « distanciation" de son propre directeur de Bureau qui voyait -- mal, semblera-t-il --,  un de ses jeunes Cadres s'occuper de tout autre chose que la simple rédaction de contrats ! Et vint alors une opportunité : le gouverneur de Polynésie estimait que sur les chantiers des essais nucléaires il serait bon d'y recruter des cadres civils pour s'occuper de la logistique et de l'organisation des conditions de vie sur atolls ! JJL-B sentit passer le souffle du vent et fit candidature ; retenue tout de suite, vu son profil ! Le temps de se préparer au départ et … « en route » une fois de plus : mais cette fois, non plus comme la simple montée de Lyon vers Paris mais loin-loin !  à l'autre bout du monde ! à Tahiti ! Pour lui, quel plaisir de pouvoir dire :

non pas «  je vais travailler pour le Centre des expérimentations du Pacifique » ! pas assez  "accrocheur" !

mais :« je m'en vais travailler à Tahiti ... » ! là, étonnement réel en face ! Et alors ?  adieux , vol Paris-Papeete, avec arrêt à Los Angeles ! Plaisir énorme avec mélange d'angoisse tout au long du trajet ; et , à l'arrivée ? Oh, la la , on ne peut imaginer, nous autres qui n'irons jamais là-bas ! mais on voit des reportages : et c'est vrai que d'arriver au-dessus de l'île, au petit matin , ce n'est pas rien ; JJL-B le souligne pour nous :

" regardant par le hublot, je fus saisi : 2 grands massifs sombres, le plus grand portant une couronne de nuage;  les 2 îles reliées par un isthme ( celui de Taravao) avec tout autour le halo turquoise du lagon ; j'allais enfin le dé-couvrir ce paradis "  

 

Le pauvre! il va vite avoir l'autre vision: la sortie de l'aéroport, tout de suite la fournaise ! et une traversée de quartiers ressemblant aux bidonvilles ; la traversée de Papeete = celle d'une bourgade de province ! Arrivée à la base-arrière du Cea , en dehors de la ville ; accueil sympathique certes, mais prise de conscience, chez notre jeune Cadre dynamique, qu'il n'arrivait pas au « Club Med » ; une semaine d'immersion et … en route à nouveau ; cette fois , vers le « champ de bataille", loin dans l'immense Pacifique sur l'attol de Mururoa --avec le Bateau de Commandement --,  puis filant vers l'autre chantier celui de FANGATAUFA …. atterrissage sur une bande étroite de terre entourée  … de l'océan ! Et un bateau amarré ( le «  bateau-base » );  des barbelés jalonnant les rares passages pour aller et venir ! Et un grang bâtiment genre blockaus   une atmoshère très particulière : rien que des hommes au travail : des marins des ouvriers, des personnels du CEP, des polynésiens …

bref : « angoisse » …. mais obligation de ne rien montrer !

Prise de fonction : «  Diram », sous les ordres d'un «  Dirtec »

( voir le récit de cettte expérience  dans le site jjl-b chap.IV d : fangataufa )

 

Après ce séjour d'un an , en juin 1969 c'est le retour ! Impressions de l'intéressé :

«  je garderai le souvenir de cette trè belle Polynésie ; avec mélancolie , je reverrais des images , j'écouterais toujours des musiques polynésiennes ; dévorant le livre de P. Loti :

Tahiti, Bora, l'Océanie, que c'est loin tout ça .. »

 

sans aucun doute, séjour exceptionnel, expérience hors norme ! Et surtout avec, si loin de Paris, un « vécu de mai 68 » tout à fait particulier ( notre homme ne pouvant faire comme si rien ne se passait ! Il prit des initiatives qui eurent du mal, à être comprises par sa hiérarchie ! Diable, qu'a-t-il pu faire encore ?  à lui de nous l'avouer :

 

 -- nous est tombé dessus le déroulement -- terrible-- des manifs de mai 68, des blocages, des grèves, des affrontements de rue et ... pas de nouvelles des familles pour ceux qui étaient sur ces sites en plein Pacifique ;  cela passait pour une nouvelle révolution,  qui perturbait la sérénité de tous les métropolitains craignant pour leur famille ... aussi, estimant que la rumeur était pire que la vraie information, je fis acheter sur les " bénéfices du bar"un poste très puissant pour capter les reportages des événements se déroulant à Paris ; je pouvais, en fin de travail des équipes, organiser des réunions d'écoute collective du poste ;  la pression en était réduite grandement, car on s'apercevait que c'était quasiment du folklore sans mort !
mais hélas pour moi, mon initiative fut critiquée et fournit de la matière aux  services de sécurité pour m'écarter des sites  ; étais-je devenu un "dangereux propagandiste" ? pour eux, sans aucun doute !

 

 

 

Résultat : au retour, au CEA plus de travail pour lui ! Payé mais en restant chez lui !

                     IN-TE-NA-BLE !

 

Pour qui le connait, rien d'étonnant à ce qu'il recherche un job immédiat avec un changement de direction ! Embauché chez Simca à Poissy ; à la Direction Administrative, un poste de chargé d' études au sein d'une équipe de trois ! Le temps d'y rédiger une «  bible » : « le manuel des procédures », celle concernant le fonctionnement de tous les services de cette énorme usine ! Vous pouvez imaginer notre Cadre : à l'aise, rédigeant en contact direct avec tous les chefs de service ! Mais … encore un "mais" ! Celui qui l'avait recruté, 6 mois après, fut appelé ailleurs, remplacé par celui de l'équipe le plus ambitieux mais ressenti par JJL-B comme teigneux à son égard ! Donc entretien explicatif avec ce nouveau « patron » et annonce de son départ immédiat par crainte de non entente !

démission, donc, pour : " motif personnel" ! le Directeur administratif le comprit, le remercia bien fort lui confiant qu'il serait "regretté" ! sympa !, 

 Le revoilà à nouveau en recherche de job ! mais comment fit-il pour en retrouver un quasiment dans les 48 heures ! Aucune difficulté pour accepter un poste à la "Direction des Relations industrielles"  d'une grande compagnie pétrolière française, dans sa filiale travaillant à l'extraction du pétrôle au Sahara ( Hassi-Messaoud ) ; Cadre au Service du personnel avec en charge la supervision de 3 secteurs : les recrutements et les mutations ; la paye ; les relations avec les délégués du personnel .

 

 

Son intégration se fit très vite ; l'équipe du service était animée par des jeunes Cadres, sous les ordres d'un chef du personnel chevrenné, dans une ambiance excellente de type «  Piers Noirs » ( puisque la compagnie avait son principal établissement en Algérie) ; mais toutefois une difficulté se présenta ressentie par notre intéréssé comme «  grave » ( des opérations de compta intérieure à la compagnie, qu'on lui demandait de valider ; ce qu'il refusa ). Et alors s'engagea le processus d'écartement de son poste, voire d'exclusion de la société ! Passons sur les détails , et ce fut le départ ! En guise d'épilogue, le Directeur des Relations Industrielles , ajouta : "JJL-B avait sans doute besoin d'ajouter un dernier chapitre à sa thèse de doctoral de droit portant sur «  l'aspect contemporain de l'indemnité de licenciement » ! aux Prudhomes, il obtint normalement ses dommages-intérêts demandés mais en retomba sur un tourment intérieur :

 

  

 aurais-je un problème relationnel, en définitive?peut-être , mais je restais confiant dans mes capacités ; on peut débattre de tout, le plus longuement possible, mais arrive tout de même un moment où il faut dire stop ! Pour moi, c'est peut-être le moment de bifurquer vers une activité sans « chef » ! j'ai alors lu et relu ce que nous écrivait le romancier Claude Aveline : «  ne crois pas que tu t'es trompé de route, quand tu n'es pas allé assez loin... » ! certes...  donc, il me faut encore « potasser » davantage ; et me voilà reparti en « cours du soir » ; sous les moqueries d'un collègue confident  «  tu veux rester étudiant à vie ? » mon titre de Docteur en droit n'était pas suffisant ; il me fallait voir autre chose ; me voilà donc à Assas pour préparer un DES de Science politique ; et en même temps je donnais des cours sur la gestion de personnel , dans un Institut Universitaire de Technologie !

et, enfin, comme un ministre venait de lancer ce que nous appelions alors «  la formation permanente » , je me fis un plaisir d'aider un ami ( connu aux cours d' l' Institut des Admistrations des Entreprises ) lequel voulait créer son "cabinet-conseil": «  TSE, techniques et systèmes d'enseignement » ; mon job était alors le «  développement » du cabinet ; je relançai donc tous mes contacts professionnels ; je mis sur pied un nouvel organisme pour parrainer l'initiative : « le GEFFRI, groupement d'entreprises pour la formation et le recyclage en informatique » ; il me fallut alors me lancer dans des contacts les plus divers pour faire connaître notre cabinet de formation-perfectionnement ; pas simple cependant car, sur le marché, il y eut vite des organismes chervronnés comme «  La Cegos » rafflant tous les contrats !

 

Il me reste tout de même un sacré souvenir : mon inexpérience naîve mais ô combien volontaire = me voilà parti en « tournée africaine », en voyage à titre personnel avec billets d'avion à prix réduuit obtenu par ma chère accompagnatrice de vie ; je me disais que si le marché parisien nous était bouché, il devait y avoir des possibilités dans le grandes métropoles africaines = aussitôt pensé, malgré le scepticisme de mon "chef" », et me voilà à Kinshasa, puis à Abidjan et enfin Dakar (utilisant les avions à prix réduit et ne comptant que sur les plateaux-repas pour tenir le coup sans dépenses inutiles ) ; 

bien entendu, malgré mes exposés et mes arguments  ( convaincants car ressentis comme sincères venant de la part d'un

« voyageur » dilettante mais voulant faire « utile » ; bien reçu partout avec des contacts à haut niveau ( ministres du travail ; secrétariat de la Présidence à Dakar ; groupe d'études informatiques . Mais aucun contrat signé ( il est vrai que je ne me présentais pas comme un négociateur mais en informateur sur un cabinet-conseil au stade du démarrage, mais très au fait de nouvelles technologies ! message bien reçu

Mais … le chiffre d'affaires du cabinet n'étant guère reluisant,  son chef-associé  accepta sa proposition amicale de le quitter pour faire autre chose , sachant que tous les jalons mis en place serviraient plus tard à un ingénieur-conseil chevronné pour passer après lui et reprendre son prologue ; ce qui se fit avantageusemnent …

mais partir est une chose, trouver un autre job , une fois de plus, = simple et pas simple ! Donc allez ! en avant, changement d'orientation ; à nouveau ! un grand fabricant industriel de camions : Trailor, entreprise créée par 2 ex-Cadres de Simca ; donc, favorables, ils le prirent avec eux sans réticence pour leur monter une fonction de "Direction de Personnel/Relations Sociales "

 

Me voilà enfin arrivé à bon port : « DRH », j'y étais ! À moi de mettre en action mes idées en la matière, qui se voulaient novatrices 

pour avoir une belle carte de visite, j'adhérai à l' Association Nationale des Directeurs et Chefs de Persomnnel «  ANDCP» , j'y particiapai activement aux réunions du proups Paris/IDF, imposant « mon style »( mélange de sérieux , de décontrac-tiin, de comportement avant-gardiste ! Au risque d' être pris par certains collègues comme « un gauchiste » ! alors que mon désir était de faire émerger une structure inter-groupes dans les entreprises, entre les " les actionnaires"  et « "les dirigeants et personnels" ! Souhaitant – pourquoi pas ! – que ce soit comme une «  magistrature interne » ! oh, hérésie, le directeur  (ou le chef de personnel ) ne pouvant être qu'un cadre exécutif aux ordres du DG ou du Président de la Société !  

 

Tout « baigna » ! pendant un an ! Mais … ( le voilà encore ce "mais" ! enfin... )

 un ministre venait de lancer ce que nous appelions alors «  la formation permanente »....    donc, JJL-B avisa !

 

 

     à suivre