IV (G)

 

 

  Marcher vers Compostelle : rando ou pèlerinage ?

 

      ( récit interrogatif de Jules du Val d'Hermone )

 

 

 

voulant à tout prix le faire ce parcours, déjà effectué par Jébo il y a quelque temps, et ne voulant rien faire de trop différent, Jules du Val d’Hermone  va calquer son parcours sur son prédécesseur, en se mettant au maximum dans sa peau ! questions :

 

Rando? Certes, en marchant le plus possible, du Puy-en-Velay jusqu'à St- Jacques de Compostelle, en Espagne  !          

 

Pèlerinage ? : aussi car, quand on y  part, « les mains dans les poches », sans la moindre croyance,  progressivement on  se laisse prendre par l'harmonieux sentiment humaniste qu'inspire pareille escapade avec tant de rencontres ( des gens,  plus enthousiastes les uns que les autres) ! Mais trêve de considérations philosophiques ! Au boulot, maintenant en mettant au propre un « carnet de che-min » de Jules…. A lui, désormais, de le faire  ( mais nous ferons encore, et entre parenthèses, en quelque sorte,  des petites digressions avec un autre regard sur son parcours )

 

 

 

                                  °°°°°°°°        °°°°°°°     °°°°°

 

 

 

carnet de chemin                                     

 

 

 ALORS  ?    eh bien,  CAP à l' OUEST !

 

 

Mais je ne peux m'empêcher de vous narrer d'abord ce que nous « palabrait » le Jébo, à son retour une fois effectué sa grande marche du Puy à Santiago de Compostela  !

 

Je fais appel à mes souvenirs  pour le citer !    d’abord,  son «  Prologue : il, s’interrogeait…

 

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            «        MARCHER  VERS  COMPOSTELLE : RANDONNEE

 

                                         OU PELERINAGE ?                        

 

 Mai 2007 ; je viens d’avoir 71 ans et je suis en retraite depuis 11 ans déjà ! Retraité, je sais m’occuper, certes, mais…je vois poindre l’ennui ! Aussi, l’idée m’est venue, suscitée par un copain de régiment, de partir… ! un mois,   où ?  loin,    pourquoi pas à Compostelle ? Ressentie d’abord comme saugrenue, l’idée a fait son chemin, pour déboucher finalement sur un projet de…grande marche à pied, du Puy-en-Velay à  Saint Jacques de Compostelle ! Randonnée ou pèlerinage ?

 

Difficile de le savoir sur le coup ; une certitude toutefois: à la base, un vif désir de ressourcement par un gros effort prolongé ; et, dans mon fors intérieur, j’avais à oublier un gros tourment -- suite à un choc émotionnel, provoqué par un conflit familial  inattendu, à l’occasion de la fin de vie d’une tante  que j’affectionnais beaucoup, la considérant un peu comme ma deuxième mère -- j’avais un abcès à crever ; aussi, me voilà sur ce parcours pour faire 1600 km d’une traite ; et dans le respect de la tradition, c’est-à-dire  le plus simplement possible, avec sobriété, ne rechignant pas devant la difficulté, une nourriture simple, avec en pensée la longue file de tous ces pèlerins ayant fait le parcours ; sans préparation excessive, m’en remettant à …la protection du saint ( ou ce sentiment, plus ou moins conscient -- je suis catholique mais non pratiquant -- qu’il ne peut rien arriver sur ce chemin de légende et d’ humanisme, voire de grande spiritualité…). D’où ces interrogations dès mon retour, qui me taraudent encore deux ans après : y a-t-il des réponses ?

 

 QUE FAIRE ?

 

 rando ou pèlerinage ? en laïc ou « catho » ? d’une seule traite ou par tronçons ? au pas de course ou « tranquille » ? en sympathisant avec tous les autres ou en s’isolant ? avec une nourriture sobre ou avec repas de groupe, de fête ? avec des amours pèlerines ?

 

 D’où vient ce sentiment de spiritualité que j’ai ressenti ? et ces marches solitaires, soutenues, pourquoi provoquaient-elles cette joie intérieure, qui me soutenait ? au retour, comment faire pour oublier et …passer à autre chose ? Quant aux retombées, faut-il en attendre ? Y a-t-il des « grâces » à obtenir ? comment les ressent-on ? s’il se produit des événements positifs, doit-on les attribuer au saint de Santiago ?  et ce sentiment de sécurité , que je ressentais, comment le prolonger, une fois revenu dans la vie quotidienne ? par de l’humanitaire ( ou, plus simplement, par de la « charité »), par de la sérénité face aux tâches quotidiennes ?

 

Etc…il me semble qu’il y a beaucoup à dire ! voilà donc mon souci ; si vous voulez le partager, bienvenue !

 

 

 

-          ouais, allez-vous grommeler, je le sens bien, nous, ce qu'on veut c'est du récit, des aventures, de bons gueuletons et pourquoi pas des amoureuses tout le long du parcours …

 

-          ah ça c'est bien de vous ! Des primaires que vous êtes ! Juste bons à bâfrer, lutiner les femmes, lire les bandes dessinées de Fanfoué avec tout plein de nanas quasiment nues ! Moi, je pars avec ma Caroline ! Hein, ça vous en bouche un coin, ça ! Vous pensiez peut-être qu'elle est un peu gourdasse, eh bien, voyez , elle part à Compostelle ! Combien en serait capable de le faire ! Oh, quand il s'agit de monter aux pèlerinages de St François, d' Hermone , de Nifflon, rien qu’en « borotant ou en batieurant », là y’a du monde ! Mais …. Compostelle : 1600 km de marche, depuis Le Puy, c'est bien autre chose ! Mais au fait ! pourquoi celles du club de gym du Val d’hermone, vous ne vous lanceriez pas ! Moi, expérience du chemin faite, je pourrais vous servir de guide ! Hein ? On y pense ?  En attendant , voici mon récit au jour le jour

 

 

 

Donc,

 

° le 6 mai : je pars, nous partons en train, de Thonon à St Etienne

 

comme ça, ça nous laisse le temps de ressasser encore un peu, repenser à tous les préparatifs ! La Caro, elle,  n'arrête pas de me dire : c'est sûr, on a oublié ça et ça … et de papouiller les sacs à dos du haut jusqu'en bas ! Et encore du bas jusqu'en haut …. ! elle a trouvé ! Ouf, on respire ! Mais une heure après ça y est, ça recommence : -- tu as pris des slips de rechange ?

 

-          oui, j'en ai pris ! Mais arrête avec tes questions ! est-ce que je te demande combien de culottes tu emmènes ! D'ailleurs ce serait mieux que tu n'en mettes pas ! La foufounette à l'air, ça te fera le plus grand  bien ! Et le St, là-bas, à Compostelle, qu'est-ce que tu veux qu'il dise ! Mais rien, ta foufounette, avec ou sans culotte, il n'en a rien à branler, comme dirait le Ducon de la Grange à Nonos

 

 

 

 Mais avant tout,  nous nous faisons  des réflexions préliminaires :

 

                    sur les caractéristiques du parcours,

 

                    sur la tenue de base pour être dans le coup ;

 

                    sur les différents chemins de Compostelle ; avec les étapes possibles,  d’abord sur la partie française ; puis l'espagnole ( là, cà va pas être triste, vu qu'on parle pas un mot d'espagnol !) 

 

 

 

1 ) Le départ, le mardi 6 mai  ma femme et moi, de notre  maison ! les  lapins ? soignés ; les poules ? à   manger suffisamment ; récuré partout ? lits bien refaits ? cuisine propre ? enfin,  tout bien ; les clés confiées à l' Ernestine : donc tranquilles, on a confiance ...5 h du mat , allez c’est le moment !  le moment de quitter notre chez nous, filé en bas à Thonon au train et en route …  il n'est plus temps de douter, de nous interroger ! Cinq heures, avec le chant des oiseaux de mai, nous prenons la direction de la gare; non sans émotion

 

 -- et si nous ne revenions plus ! , pense-ton sans doute,  l'un et l'autre ) 

 

Caro  marche devant, canne de « cham’ » bien en main, sac à dos correctement ajusté, visage un peu tendu tout de même. Moi : bon pied bon œil ! La coutume veut que l’on fasse un vœu ; la caro, elle  n’en fait pas ; moi, j’en ai trois : d’abord ma Juliette, qu’elle trouve en elle la force de rechercher sa voie et la stabilisation ;  ma Ninette, ensuite, qu'elle ait toujours bon moral pour surmonter le cap de santé difficile auquel elle fait face courageusement ; et enfin, que réussisse mon action pour la sauvegarde de la mémoire de ma tante Lolotte . A la gare de Lyon, un autre train nous emmène à St-Etienne, puis ce sera un petit tacot  pour Le Puy. Dés notre arrivée, à midi, nous montons vite au secrétariat de la cathédrale pour prendre nos carnets de pèlerin, qu’il nous faudra faire valider à chaque étape. Puis, sur l’esplanade, coup d’œil en face, sur la colline et …au-delà !  Au sommet, petit casse-croûte ( tomme , saucisson, tranche de jambon, un petit canon … )!  à côté du panneau indicateur : «  St-Jacques, 1698 km » ! Pour les 16 km que nous avons prévu pour la fin de cette première journée -- comme mise en jambe – trois heures  devraient suffire, que je me dis  enthousiaste ! Direction Montbonnet, donc,  par La Roche, Dolaison, St-Christophe, Ramourouscle. Le soleil timide a vite cédé la place aux nuages, de plus en plus lourds et c’est l’orage violent très redouté ! Abrités tant bien que mal sous nos ponchos, nous supporterons de gros éclairs ; désormais, le chemin ne sera plus le même ; détrempé, il sera dur ; le premier passage difficile -- un chemin de crête – bloque ma Caro qui n'en peut déjà plus ! et c’est après 6 heures d’efforts que nous arrivons ! Pour constater qu’il n’y a plus de place, ni au gîte d’étape, ni à la chambre d’hôtes ! Xavier, son propriétaire, vu notre état, gentiment appelle au village voisin,  Karine, qui a de la place et qui envoie son mari pour nous récupérer. Bon accueil chez eux, à St-Jean-Lachalm, jolie bourgade avec une belle église ; le prix : ch.2 pers.+ pdj., 38 euros ! Rien à dire , on va pas se ruiner et le  matin, après une bonne nuit (  je crois bien  que, vu la fatigue,  nous avons ronflé tous les deux ), la Karine nous ramène en voiture sur le chemin , un peu plus loin; nous sommes  résolus malgré un temps incertain. Et nous avons déjà eu le baptême de l'orage et des éclairs !

 

 

 

2) Deuxième étape, le 7 mai  :  Montbonnet -- Saugues, 25 km 5 : direction St-Privat, alt. 890 m., puis Monistrol-d’Allier, à 589 m .Parcours difficile de 14 km ! A la chapelle de Rochegude, court arrêt pour le casse-croûte, puis une descente pas facile du tout et, en bas, après une lourde chute de  ma Caro  dans le fossé, nous faisons du stop pour nous remettre de notre frayeur ! Quelques kms seulement, histoire de soufler ! et nous  reprenons notre marche, sur la route cette fois, moins agréable mais plus facile . Arrivée à Saugues sans autre souci . Rapide installation au gîte d’étape communal au centre de cette jolie ville (17 places ; 10,20 e./ pers. ) ; locaux impeccables avec une salle à manger et coin cuisine, une chambre à 2 lits ; repas du soir, seuls, puis nuit calme et, le matin, petit-déjeuner avec croissants que je suis allé chercher dés l’ouverture de la boulangerie d’à côté, pour nous donner du courage !

 

 

 

3) Troisième étape, le 8 mai :  Saugues -- St-Alban, 28 km : passage par La Clauze, Chanaleilles ; petit arrêt à la chapelle St-Roch, puis Le Rouget et fin du parcours, encore dure, car nous sommes à plus de 1000 m. d’altitude et les premiers ennuis sont là ( genoux, talons, doigts de pied ). Nous sommes au gîte d’étape, maison rénovée très bien aménagée ( ch. à 2 lits superposés, nuit 10 e., pdj 6 e.) . Bonne ambiance, le groupe présent sympathise grâce au repas préparé ; nous n’avons pu  attendre, car trop fatigués ! Au petit-déjeuner, par contre, je ferai l’effort de parler avec chacun et de mettre un mot de remerciement sur le livre d’or, en partant ( ce que les autres ne font pas ; curieux !).

 

        à suivre …

 

 

 

 

 

pour un "vrai" pélerinage, le pélerin doit partir de chez lui...Comme celui-ci qui un beau matin , vers 5h.quitte sa résidence et s'en va ...vers compostelle !
pour un "vrai" pélerinage, le pélerin doit partir de chez lui...Comme celui-ci qui un beau matin , vers 5h.quitte sa résidence et s'en va ...vers compostelle !

( suite de notre récit )

 

  4) Quatrième étape, le 9 mai :    St-Alban -- Nasbinals, 37 km : passage par Les Estrets, Aumont-Aubrac, Lasbros, Les Quatre-Chemins, Les Gentiannes, Rieutort-d’Aubrac . Parcours difficile, toujours à plus de 1000 m., avec les mêmes intempéries ; et, en plus, des soucis dont on se serait bien passé : perte du sac de Caroline, que j'ai eu la malencontreuse idée de passer à un randonneur qui s’est proposé de le lui porter jusqu’au syndicat d’initiative d’Aumont, et... que nous n’avons pas retrouvé quand nous y sommes arrivés ! Obligés donc de recourir aux gendarmes ! Marche nerveuse, ensuite, plein de colère, sur la départementale avec l’espoir d' être rattrapés par les gendarmes l’ayant retrouvé, ce diable de sac !  Hélas ! Et c’est très tourmentés que nous nous arrêtons, épuisés, découragés, au centre d’accueil de Nasbinals, à l’entrée de la bourgade ( 38 places, mini-dortoir, 10 e. /pers.). Accueil soigné vu notre état ; vers 18 h 30, arrivée  des gendarmes nous rapportant notre sac retrouvé à Aumont !  bravo, bravo, bravo! Puis, petit souper au calme, car nous ne sommes que les deux ! Néanmoins, sentiment que nous n’y arriverons pas et qu’il nous faut arrêter à Conques ! Le matin, malgré l’excellent petit-déjeuner, que nous nous sommes préparé, le cœur n’y est plus et nous décidons de prendre la navette des bagages pour Conques! Fini, Compostelle ! Déception et tristesse pendant le trajet! E-NOR-ME !!!

 

5) cinquième étape, le 10 mai : trajet Nasbinals--Conques, avec Transbagages, 88 km selon le guide  ! sur la place, en attendant la navette, après une rapide visite à la belle église, rencontre avec le groupe qui a perdu notre sac ; explications un peu tendues, puis nous prenons l’affaire à la rigolade ; cela fera des souvenirs de part et d’autre . Le chauffeur, qui nous prend avec lui, va passer  dans tous les endroits où des sacs sont à prendre ou à laisser. Nous allons apercevoir ainsi Aubrac, St-Chély, St-Côme-d’Olt, Espalion, Estaing, Golinhac, Espeyrac, Sénergues, St-Marcel. Nous arrivons à Conques, les jambes reposées, certes,  mais presque tout aussi fatigués, car le parcours a été long et guère confortable ! En début d’après-midi, visite de la ville :  splendide ! puis, installation à l’abbaye Ste-Foy ( 95 places, nuit en dortoir 9 e., pdj 4 e., ch.2 lits, 32 e. ) ; locaux – surtout cette chambre G, qui nous est attribuée et qu'on nous présente comme étant "celle de l'évêque quand il passe à Conques" – impeccables ; l’accueil est exceptionnel ; après notre petit repas, seuls, préférant fuir le groupe, je participe à la cérémonie de la bénédiction des pèlerins, y allant un peu goguenard, mais rapidement pris par l’émotion du groupe, la qualité du texte, la majesté de la cathédrale, la musique, l’illumination des vitraux . Retour dans la chambre, Caroline  dort déjà ; petit appel de Paris, m’apprenant que notre  Prés. a la bougeotte et qu'il parcourt la France pour s'expliquer ! Et il prépare les « européennes », à sa manière ( il lance des cogitations pour supprimer les Départements français ! Ah! merveille, quand je pense à tout le mal qu'on se donnait, quand nous étions mômes et qu'il nous fallait les apprendre ces sacrés départements !  mais, au moins, Jébo sera content, lui qui la réclame depuis tant d'années, cette suppression, car « structure trop coûteuse » , nous rabâche-t-il !  Mais notre préoccupation du moment n’est pas à la politique ! Petit déjeuner dans une chaude ambiance, avec des accueillants très attentifs aux uns, et aux autres ; ma Caro  n’a pas d’appétit, tétanisée par ma décision de reprendre le chemin ! Nous sommes bien reposés, et ... nous y allons! donc : "ULTREIA "!    

 

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mais …. là il nous faut aborder un sujet grave ! Car Jules va certainement se coltiner avec le Diable sur ce grand Chemin de réputation mondiale ! Ah ! comment va-t-il réagir ! Eh bien vous n'allez pas tarder de le savoir, car il se manifestera dès que Jules ressentira une première défaillance ou ses premières tentations …

 

- mais non, c'est de la blague, tout ça ! allez-vous encore vous esclaffer …

 

- attendez vous jugerez par vous-même ...

 

 

 

mais le Diable !  qui est-ce vraiment ?  On y croit ou on y croit pas ! Et surtout de penser qu'il peut se balader aussi sur les chemins de Compostelle, c'est dur à avaler ! Et pourtant :

vous n'y croyez pas au Diable, eh bien demandez à Jébo qui ne peut s'en débarasser !!!
vous n'y croyez pas au Diable, eh bien demandez à Jébo qui ne peut s'en débarasser !!!

 

                         Le diable à Compostelle, ciel !

 

  Oh, vous ne le verrez pas en chair et en os ! Non, il est bien trop malin ! Mais Lucifer sera là, quand vous marcherez, soyez-en sûr ! Il prend des formes déguisées et, le pire, c'est qu'on ne le voit pas ! Ah, bougre ! Salopiaud ! Il faut qu'il aille sur le chemin de Compostelle, y chercher des âmes en perdition! Comme s' il n'y en avait pas suffisamment dans le Monde ! ! !

 

Là, c' est ce brave gars du Chablais ( vous savez, cette région juste au-dessus du Lac Léman en face de Lausanne ) -- Jules du SEZ, qu'il se nomme ( mais chutttt ...c'est moi, ne le dites pas ) --,  qui va se frotter à lui, tout au long du parcours ; le " malin" a pris la forme d'un "sarvan"...( un de ces sarvans, comme il en existe dans le Chablais !  il y a quelques années en arrière, un "historien" avait publié des textes sur un de ces énergumènes, en nous décrivant les tribulations qu'il faisait subir aux gens de la vallée du Brevon : le "sarvan de Vuatapan /sur / Brevon"  ! ce doit être celui-ci, qui va poursuivre ce pauvre Jules !  Enfin, nous verrons bien ...)  

 

Donc , allons-y pour un récit  nouveau jouxtant le compte rendu d'étapes ! ce sera :

 

«  Le SARVAN  sur le chemin de Compostelle »Qui vient du pays montagnard, au-dessus du lac Léman, où il planque, près de la grotte des fées, au pied des rochers dominant les maisons de  Vuatapan-sur-Brevon, et qui rôde sur le chemin de Compostelle, pour importuner les pèlerins venus du monde entier ! Voilà en gros le résumé de ce récit diablesque ...

le sarvan de Vuatapan sur son rocher en haut de la montagne ! hein, il a de l'allure ! regardez-moi cette queue ...
le sarvan de Vuatapan sur son rocher en haut de la montagne ! hein, il a de l'allure ! regardez-moi cette queue ...

 

    Avertissement de Jébo questionné pour la circonstance :   ce récit est une fiction, tirée de légendes du pays, de farces, de contes , d’écrits humoristiques ; récit , qui reflète le goût pour les blagues , pour les canulars et un trait de mon caractère, aussi, venant d’une enfance, ( passée dans le village de Marphoz, dans une vallée encaissée, juste au-dessus d’un gros torrent – le Brevon – et sous les gros blocs du «  Rocher Large » ), enfance marquée par  la peur instinctive, irraisonnée, de la nuit ( la nuit noire, vous savez, celle qui vous tétanise, quand vous vous trouvez seul sur un chemin isolé et que  tout à coup une chouette vient hululer à proximité, « messagère de mort », comme on vous l’a répété ! que les arbres bougent comme des fantôm,là --  souvenir d’enfance aussi --, vous percevez la présence du Démon… qui rôde,  à n’en pas douter, à la recherche d’ une âme à damner  ! ) .

 

Récit qui répond par ailleurs au besoin de traiter par la plaisanterie les difficultés rencontrées sur le chemin de Compostelle, souvent si difficiles à surmonter, et aussi les nombreuses tentations, qui vous assaillent tout au long du parcours, auxquelles il faut résister ! mais suivons le conseil de l'écrivain : « avant de nous promener sur les routes, il faut nous envelopper d’éternel »  ( André Dhôtel, la chronique fabuleuse ) ! pas sûr que Jules comprenne, tant pis !

 

 Voici donc le récit de l’escapade vers Compostelle, de Jules et de sa femme Caroline, poursuivis par le « sarvan de Vuatapan-sur-Brevon », sorti de sa petite « grotte des fées », au cœur du Val d’Hermone, ce joli havre de verdure au pays montagnard du « Balcon du Léman », au-dessus de Thonon et d’Evian, en face de Lausanne et de la Suisse…Pays, où la tradition est vivante, entretenue par les fêtes, les rappels nostalgiques lors des kermesses ou dans des récits de nos écrivains, comme Félix, Freddy, Pascal ou Raymond ; où l’on parle encore un peu le patois des anciens… Pays si agréable qu’un citadin de Joinville, Jeannot-l’artiste,  en a fait un dessin très joyeux, très optimiste (un second, également, avec le sarvan, à l’entrée de sa grotte et qui n’a pas l’air commode ; sa Margot lui a pourtant recommandé de ne pas exciter cette créature, sinon gare aux représailles).

 

 

Mais, rassurez-vous, braves gens, ce sarvan, il n’est pas si mauvais qu’il faille le pourchasser ; et puis, au pays, il y a suffisamment de petits oratoires où l’on prie pour le mettre en fuite, ce  Malin -- ou les mauvais esprits -- ; avec trois grands pèlerinages annuels, Hermone, Nifflon, Saint François, très suivis et, là, le sarvan n’a plu sa place ; il reste au sommet d’un pic -- où périrent deux jeunes filles --, appelé  la « becque aux filles », en souvenir sans doute de cette agression qui se déroula à cet endroit – rocher escarpé d’où il domine toute la vallée…. Donc, un jour, ce sarvan, il décide de s’en aller à Compostelle ! Pour y suivre Jules à Léon du Sez, qui voulait entraîner ses copains dans cette aventure ; mais ils se sont dégonflés en dernière minute ( crainte de ne pas s'être préparés suffisamment ) !

 

Mais, Jules, tel un Donquichotte, s'estimant plus que prêt , « très entraîné », qu 'il affirmait aux copains, va partir « seul », sans eux mais avec sa Caroline ! Il emporte avec lui quelques fiches du pays chablaisien, pour les montrer là où il passera ; en cours de parcours, il correspondra avec son copain Fanfoué des Pnottes resté là-haut et lui communiquera des fiches  touristiques des contrées traversées ; des croquis aussi, « pour l’instructionner » comme il dit ; et Fanfoué, piqué au vif dans sa fierté – que l’on puisse penser qu’il s’est dégonflé, ça l’empêche de dormir --  va donc se lancer, dans la vallée qu'il va arpenter du haut en bas, dans des « randos » ( c’est le mot des gens de la ville), et il enverra à son Jules les fiches pour bien lui montrer où il est passé ;  que Jules puisse noter l’effort fourni et qu’il n’ait pas honte de son copain !

 

Mais ce n'est pas le tout, ça, encore nous faudrait-il le connaître, ce Jules ! Donc :

 

                                                     Qui est  Jules ?

 

  Vous voulez le savoir ? Eh bien, armez-vous de patience et suivez le récit de tout ce qu'il va supporter sur ce chemin prestigieux des pèlerins de St Jacques de Compostelle, où un jour lui prit l'envie d'y aller ; pour oublier un gros souci, pour faire plaisir à sa femme, une fervente catho prati-quant les pèlerinages du petit pays ; mais aussi, et certainement,  pour "faire le malin" auprès de ses copains !                               Revenons un peu en arrière :

 

  Samedi12 avril : c'est la St Jules ! Pour sa fête, sa femme Caroline lui a préparé un bon repas : un civet de lièvre avec des champignons ramassés par lui et mis en conserve ; puis, au dessert, une ex-cellente tartes aux fruits … Il se régale; d'autant qu'elle lui a fait une superbe carte de fête en fabriquant un montage avec une fleur et une coupure d'un journal sur Jules, le saint  qui fut un jour PAPE, aux temps lointains de l'empereur Constantin , vous savez celui qui avait légalisé la religion catholique... je vous le mettrai plus tard en annexe! maintenant stop aux digressions et retour au 

carnet du chemin ! où en étions-nous ? ah, oui à Conques ! la belle cité, l'extraordinaire cité !

 

( suite ) 2ème partie

 

Caroline et Jules sont repartis courageusement , mais Caro est effrayée d'avance et va vite se trouver «  muscles bloqués » !   voyons un peu le détail …

 

 

6) Sixième étape: Conques -- Chaunac, 35 km : seul, assez rapidement -- car  Caroline va coincer et fera le parcours en stop, nos sacs dans la navette –  je vais pouvoir foncer pour rattraper notre retard ; j’emprunte les raccourcis : une variante par Noailhac d’abord, chemin des crêtes ensuite, passant dans la montagne au-dessus de Decazeville . Marche soutenue, à 580 m. d’altitude, puis descente sur St-Roch  et arrivée comme prévu à Chaunac ; une grosse contrariété m’y attend : Caro  n’est pas là ! Elle a imposé à sa conductrice de la laisser au syndicat d’initiative de Decazeville ( au lieu de Livinhac ) puis a rejoint ensuite le gîte en taxi - -mais en perdant sa belle canne de « cham’ » ! Puis, nous avons un problème de chambre -- trop petite à trois – et  gentiment l’accueillante, Laurette, se renseigne chez un voisin qui a de la place ; elle nous rapproche alors du gîte, chez un propriétaire de chevaux à Guirande . Bâtiment isolé en plein champ, grand dortoir, grande salle de restaurant, nous prenons nos aises ! Toutefois, la nuit ne sera pas tout à fait calme, car la porte du dortoir ne ferme pas et en pleine nuit – très noire avec pluie et vent -- elle va claquer sans arrêt ! Donc, pas très rassurés ; prix mini ( nuit 10 e./pers.). Le matin, laissant Caro pour la navette, je m’ en vais tout guilleret, car j’ai trouvé mes marques !

 

7) Septième étape : Felzins -- Cajarc, 40 km : je choisis de passer par une variante évitant Figeac. A St- Félix, courte pause dans la jolie chapelle, puis St-Jean-Mirabel et arrêt à La Cassagnole, au relais St-Jacques où nous devions arriver ; mais préférant poursuivre, je m’y ravitaille un peu, laissant un message pour la caro et le chauffeur ( précisant le nom du gîte suivant où je me rends) -- mais ni l’un ni l’autre ne le verront – et, quand j’y arrive, à Cajarc, Caroline  n’y est pas ! Comme la gentillesse est une qualité constante sur le Chemin, « l’accueil » de La Cassagnole a déjà prévenu notre nouvelle hôtesse et son mari qui, en courses à Figeac, fera un détour pour la ramener ! Que dire, sinon merci !  Après un repas bien revigorant avec une solide soupe campagnarde ( si bonne que nous en avons terminé la soupière !) ; parfait aussi, le petit déjeuner du matin ; je file alors chez le généraliste le plus proche pour l’examen mensuel de Caro, qui ne prend hélas que sur rdv ; la pharmacienne suffira, pour cette fois ( pommades et renouvelle-ment de ses médicaments, surtout ceux pour le cœur) ; je la laisse attendre la navette et je repars, non sans un dernier regard sur cet excellent gîte « Le Pèlerin », petit mais si agréable ( 20 places, ch.2 lits, 22 e.).

 

8) Huitième étape : Cajarc -- Vaylats, 27 km : par Gaillac, St-Jean-De-Laure, Limogne-en-Quercy, Bach . Marche sans problème . Arrivée à Vaylats, au monastère des Filles de Jésus, superbe lieu de recueillement et d’accueil de pèlerins par sœur Geneviève ( ch.+ repas + pdj, 21 e./ pers.); après une marche à travers le causse de Limogne ( murets, dolmens, croix aux carrefours ); pas très longue ; la suivante devra l’être davantage pour rester dans mon timing.

 

9) Neuvième étape :Vaylats -- Lascabanes , 35 km : en passant normalement par Le Pech, Cahors, Labastide-Marnhac ; mais, voulant prendre les variantes, je commence par me perdre ! Quelques km, et je retrouve la direction de Lalbenque ; puis Lhospitalet, halte sur la voie pèlerine : en face  de l’église, je m’assied sur la marche d’une grande croix ; il y a déjà un pèlerin qui se restaure, chaussures et chaussettes enlevées ; au bout d’un moment, il se lève, va prendre une photo en face ( un panneau marquant « Bruxelles ») et il me raconte alors qu’il est belge, que c’est son quatrième pèlerinage, qu’il le fait pour ne pas vieillir trop vite, pour le plaisir, contre le stress aussi ! Ensuite, Granéjouls,  le petit village de Lascabanes, et un  gîte d’étape -- jouxtant curieusement la petite église St-Benoit --, si bien tenu par Cécile Maupoux ( 17 places, nuit + pdj, 16 e.). Pas de repas avec le groupe, mais par contre, participation à une cérémonie, particulière et attirante, de bénédiction des pèlerins. Au matin, Caro est en forme, mais très égoïstement, je la laisse pour repartir seul, car je veux faire une grande étape ! Par la navette, elle rejoindra Moissac

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à votre attention, petit commentaire de Jébo : dans cette bien charmante étape, il va encore se passer quelque chose de très fort ! Goguenard comme la première fois – à Conques – Jules va participer à la prière des pèlerins dans la jolie chapelle ! Le prêtre sympa et  style « djeuns » , ajoute à son commentaire un « lavement des pieds » ! Jules ne rigole plus et se laisse faire ! Sans doute parce qu'il commence à avoir des craintes ( il est "poursuivi, c'est certain", qu'il a dit à Fanfoué resté au pays là-haut ) ; la Caro , elle , elle est tout aussi sérieuse … et ce sont alors 2 randonneurs nouveau style  qui vont sortir de la chapelle ! et s'ils étaient devenus enfin des « pèlerins de St jacques de Compostelle » !  mais alors, le sarvan ? Eh bien, il peut passer son chemin et s'en aller  titiller la rousse si l'envie le démange … Là, notre jules est aussi un autre homme ! André-Jacques du quartier Floquet -bords de Marne, avec qui ils correspondent sans arrêt lui a envoyé son montage habituel  : sur l'actualité France et Etranger , quelques titres de journanux bien accrocheurs ! Et pourtant Jules regarde mais sans voir ...il s'en fout de Hollande , de l'Europe, des élections et même du festival de Cannes ! C'est dire si notre homme a reçu le « choc » ! 

 

 

 

Jules cette fois attaque un nouveau périple ! En plus humaniste …

 

10 )  Dixième étape : Lascabanes -- Moissac, 51 km : grand parcours envisagé comme test de vie ! Mais dès le départ, distraction ou exaltation aidant, c’est l’erreur : quand le raccourci prévu pour éviter Montcuq est là, "à gauche", pourquoi faut-il que je parte" à droite" ? Assez loin, c’est un automobiliste qui me ramène à l’approche de la ville ; un sportif du matin est sur le chemin ; tout au plaisir de faire un brin de causette avec un pèlerin : -- Vous marchez tout le temps à cette cadence ? – Eh oui ! Mais parlez- moi un peu de Montcuq ? Et lui, de me décrire tout ce qu’il y a à voir, sans omettre bien entendu le panneau  à l’entrée, tant moqué par l’équipe du « Petit Rapporteur », et qui donne du souci à la municipalité car on le vole ! Il me narre également l’épisode du car de touristes, s’arrêtant pour faire la photo, pantalons baissés, fesses à l’air, devant … mon cuq ! Enfin ! La ville contournée, le chemin vite retrouvé pour Montlauzun ( peu après, con-templant le superbe panorama, je vois le pannean «  St-Jacques, à 1144 km » ) puis, Lauzerte, Aube-Nouvelle, Dufort-Lacapelette, St-Martin, et Moissac. Ouf ! avec mes erreurs de parcours, marche de 55 km, au moins et c’est fatigué que j’arrive au « carmel », devenu «  centre international d’accueil et de séjour » ; Caro est là, depuis quelques minutes seulement et l’équipe nous introduit fort aimablement ; je pré-pare vite notre repas, dans une belle salle de repos avec coin cuisine . Arrive peu après un groupe rigolard de randonneurs, et c’est la préparation du gueuleton, les femmes au fourneau, leur compagnon dégustant l’anisette ! Aussi, nous regagnons notre chambre, au calme avec les chants d’oiseaux ; je laisse la caro faire une petite lessive et je m’endors ; vers 23 h., réveillé et, constatant que je suis seul, je descends vite au lavoir et je la découvre, enfermée, dans le séchoir, la porte s’étant refermée derrière elle; bloquée ! Pour elle, la nuit sera cauchemardeuse ! Le matin, un bon petit déjeuner nous retape complètement ; le temps de bavarder un peu avec l’équipe, sur la ville, le Chemin, notre organisation, le sens de mes efforts,

 

et l’accueillante me remet quelques textes spirituels ou humanistes, dont  plus particulièrement une prière qui va me plaire : 

« Dieu, envoie-nous des fous ». Après un rapide tour de ville, dernière pose  dans le patio fleuri, remerciements sur le livre d’or. Quel beau centre ( 70 places,nuit + pdj, 15,90 e./ pers.) . Heureux d’être passés par là, Caro  attend sa navette et moi, je repars de pied ferme, vers Lectoure, vers la Gascogne !

 

 

11) Onzième étape : Moissac -- Lectoure, 50 km ; j’envisage une étape de folie ! par Boudou, Malause, Espalais, Auvillar, St-Antoine-du-Pont-d’Arratz, Flamarens, Miradoux, Castet-Arrouy . A l’arrivée, à Lectoure, contrariété en apprenant que ma réservation n’a pas été enregistrée ; aussi, nous quittons le beau gîte d’Isabelle « L’Etoile Occitane » pour revenir, grâce à elle, chez son amie Pascale, au petit village de Sainte-Mère, dans une belle ch. d’hôtes avec le curieux nom de « Au chien pèlerin » ( 3 ch ., nuit + pdj, 15 e./ pers. ). Fin d’après-midi agréable avec cette accueillante, doublée d’une animatrice qui nous présente, avec beaucoup de commentaires, un montage audio-visuel sur le Chemin dans son secteur. S’étonnant de la longueur de mes marches, elle qui conçoit le parcours comme un ressourcement, mais aussi avec échange et partage ; le matin, sur la route de Lectoure, où elle nous ramène, elle me met en garde, car il va faire chaud ! C’est dimanche, 7 h., et tout est fermé ! Laissant nos sacs, pour la navette, nous partons tous les deux .

 

 

elle n'est pas belle, cette pêtite maison de pascale ? et son accueil, magnifique ! ah, vous devriez y aller, ça vaut le détour... 

 

mais je continue mon récit :

12) Douzième étape : Lectoure -- Seviac, 49 km ; nous sommes en forme, nous devrions faire une belle étape ! Par Marsolan -- la variante évitant La Romieu -- là, c’est la fringale et  la caro craque, aussi je pars devant  chercher notre ravitaillement -- La Maurague ( où nous trouverons un bon casse-croûte avec les encouragements de l’hôtesse, Anne-Marie )--, puis Condom, ville en fête ( les «  bandas »), donc à contourner ; avec toutefois, arrêt sur le quai, prés d’une boulangerie, où nous avons pu acheter pain et tranches de jambon, pour notre repas de la mi-journée, chahutés un peu par un groupe de jeunes complètement bourrés ; peu après, Caro , très fatiguée, m’oblige à rester sur la route D-15, elle montant en voiture avec un jeune couple jusqu’à l’embranchement de Larressingle ; à Montréal-du-Gers, arrêt-repos sur la petite pla-ce ; j’en profite pour passer mes coups de fil à Transbages en vue du lendemain ; saluer mes connaissances à Blaziert ; puis, faute de places au gîte-relais, nous reprenons la direction de Seviac. La dernière portion du parcours est très difficile, à cause surtout de la grande chaleur. Aussi, je pousse une ultime pointe jusqu’à la halte de « La Ferme du Soleil » et demande à l’accueillant de venir avec moi, en voiture, récupérer Caro, qui ne peut plus avancer et qui reste prostrée au bord du chemin ! Remontrances de nos hôtes, Marie-Pierre et Guy, étonnement de ceux qui sont déjà arrivés, certains en étant à se faire bronzer dans un beau jardin ombragé ; Guy nous sert une boisson fraîche et Marie-Pierre fait libérer une chambre donnant sur le jardin, au calme, pour nous y installer ; je lui demande alors de téléphoner à son amie Pascale pour lui indiquer que nous sommes bien arrivés ! Nous restons seuls pour notre souper et, au lit ! Le matin, nous venons prendre notre pdj au milieu du groupe, randonneurs pour la plupart, reposés, et joyeux, qui m’appellent déjà «  le chasseur alpin » ! Etonnement, encore, quand je leur indique mon plan de marche à venir et dernière recommandation de cette hôtesse si attentionnée à notre égard -- soyez prudent, tout de même, car vous avez frisé l’accident ! Pour le départ, il pleut, ce qui me stimule après la forte chaleur de la veille ; dernière recommandation à Caro, qui prend la navette pour se remettre et je quitte ce beau gîte ( ch., 13 e., pdj, 4 e./pers.) .

 sans doute un bien beau pays, là encore ! mais pas le temps de visiter ... dommage !
sans doute un bien beau pays, là encore ! mais pas le temps de visiter ... dommage !

 

 

 

13) Treizième étape : Seviac -- Nogaro, 36 km 5 ; par Eauze, Manciet, sans difficultés particulières ! A Nogaro, Caro déjà arrivée, m’attend pour les inscriptions me disant : - c’est complet ! Mais, vu ma fatigue visible, Josette, l’accueillante de ce gîte d’étape associatif, nous prend en surnombre au dortoir ( 29 places, 11 e./ nuit ). A la porte d’entrée, découvrant qu’il n’y a que des femmes, j’y vais d’une plaisanterie pour me donner une contenance : - diable ! mais je suis dans le dortoir des filles ! comment je vais faire, pour cacher ma « zigounette » ! L’une me répond : - mon pauvre monsieur on a vu d’autres ! Ma nuit sera un peu agitée, à cause du va-et-vient furtif de ces dames et

aussi des ronflements ; le matin, ayant petit-déjeuné les premiers, pendant le rangement, je glisse à Paulette, ma belle voisine de nuit, que je n’ai pas osé trop regarder : - tout de même, cela m’a été dur, cette nuit avec toutes ces femmes ! Elle de me répondre, petit sourire ironique : - ne vous en faites pas, l’autre jour, il y avait un jeune prêtre à votre place et ce n’était pas lui le plus gêné ! Voilà, un beau souvenir pour moi ! Regonflé à bloc par cette chaude ambiance nocturne, je vais pouvoir faire du km ! En avant donc pour Miramont !

 

Sauf si le démon – j'ai l'impression  qu'il est toujours à mes trousses – me turlupine encore

Vous pensez, après le dortoir de Nogaro, je n'ai en tête que des visions de femmes nues ( et si c'était une invitation à sauter sur les pèlerines ! Ah, saloprie de sarvan de vuatapan sur Brevon, là-haut au pays d' hermone, c'est lui le diable qui me poursuit, à coup sûr !

 

 sarvan du diable, tu n'étais pas bien dans ta grotte de vuatapan ? non, il a fallu que tu viennes m'emmerder sur le Chemin de compostelle !
sarvan du diable, tu n'étais pas bien dans ta grotte de vuatapan ? non, il a fallu que tu viennes m'emmerder sur le Chemin de compostelle !

ah, saloperie de sarvan de vuatapan, fous-moi la paix et retourne dans le val d'hermone, d'où tu viens ! j'en ai déjà assez avec Fanfoué de là-haut qui me montre ses femmes dénudées ! je sais , il est jaloux d'assister à ma  performance, lui qui n'a pas osé partir avec moi ! c'est sûr qu'il il veut me détourner de mon droit chemin ! 

entre nous ,quand je vois de si belles marcheuses, je ferais bien comme Fanfoué, en les retroussant un peu! juste un petit peu ...

salaud de Fanfoué, c'est le sarvan qui te pousse à m'envoyer de telles mignonnes! c'est vrai que dans le dortoir de Nogaro, beaucoup étaient comme ça en petite tenue, laissant apparaître leurs seins ... ah, salaud de sarvan , arrête, car je vais succomber ...

eh bien, ce matin, je suis bien, je vais les voir toutes ces jolies marcheuses, les imaginant en petite culotte et ...
eh bien, ce matin, je suis bien, je vais les voir toutes ces jolies marcheuses, les imaginant en petite culotte et ...

 

 

14) Quatorzième étape : Nogaro – Miramont -- Sensacq , 49 km 7 ; par Aire-sur-l’Adour, Latrille ; étape longue, facile, si facile que je vais me tromper et faire quelques km inutiles ( à la sortie d’Aire, au lieu de suivre le fléchage "à droite", je pars "à gauche", et après une bonne marche, je découvre que je reviens vers…Nogaro ; « l’appel » du dortoir !!!). Après quelques détours, en pleine campagne, j’arrive au gîte d’étape communal, très bien tenu par 2 hospitaliers,  François -- et Sylvia,une brésilienne -- ( 20 places, nuit 8 e./pers.) ; participation au pot d’accueil, mais souper frugal et repos dans la chambre, où  je rédige mon compte-rendu ; le matin, nous participons, détendus, au joyeux pdj, avec notamment 2 dames sœurs jumelles venues du Canada et notre accueillant -- animateur enthousiaste -- puis, je lui rédige sur son livre d’or un commentaire très positif que je veux chaleureux ; et je repars, seul encore !

 

15) Quinzième étape : Miramont -- Arthez-de-Bearn , 44 km ; par Pimbo, Arzacq-Arraziguet, Fichous-Riumayou, Uzan, Pomps, Castillon ; parcours facile, je marche sans problème. Au gîte d’étape communal d’Arthez, accueillis par Marie-France, dans un bâtiment tout propre (aménagement en cours d’une petite place à l’entrée et, derrière, un jardin ( 20 places, nuit 8 e./pers. ). Nous sommes  trois, au rdc dans la salle d’ accueil -- un groupe occupant le 1er étage -- et, dans la cuisine neuve aménagée, à côté du jardin avec une véranda, nous serions très bien  s’il faisait plus chaud ! Passage à la pharmacie : 4 femmes « contemplent » mes plaies ( grosses ampoules, les unes éclatées, d’autres à percer, une infection sur un talon).  Pas d'inquiétude ! Avec les pommades appropriées, tout ira bien ! ULTREIA ! 

 

    16) Seizième étape : Arthez -- Lichos ,44 km 8 ; par Argagnon, Maslacq, l’Abbaye de Sauvelade, Meritein, Navarrenx, Castetnau-Camblong ; parcours facile, qui me permet d’allonger le pas ! Bien entendu, dans mes cogitations, je me trompe encore, à l’entrée de Navarrenx ; peu importe, car au gîte Arbel, où j’arrive, éprouvé, je suis bien soutenu ( boisson fraîche, une jeune fille d’un groupe dans la salle de restaurant m’apportant avec gentillesse une tranche de quiche, que je dévore aussitôt ; on m’aide même à repartir, en me déposant en voiture à la sortie de la ville ). A Lichos, c’est le couple Morellas qui nous accueille bien (3 ch., nuit + pdj, 19 e./pes.) ; nuit paisible et, bien reposé, au petit déjeuner je blague un peu avant de rédiger mes remerciements sur le livre d’or . Hâte d’arriver aux Pyrénées !

 

 

17) Dix-septième étape : Lichos -- Iriberry , 45 km ( parcours qui sera nerveux, car les Pyrénées sont proches et cela me survolte ) : par Aroué (un raccourci), Olhaïby, Hiriburia, Uhart-Mixe ( autre raccourci), Harambeltz, Ostabat, Larceveau, Gamarthe, St-Jean-le-Vieux et Iriberry. Repos, à St-Jean, le temps de faire quelques cartes postales, pour les poster le lendemain ; là, première contrariété ( je perds la montre de Caro; recherches vaines). Arrivant  ensuite à Iriberry, surprise : il faut escalader une colline ( au terme d’une marche, c’est toujours très dur !) et c’est alors la récompense : une vue splendide sur la plaine et les montagnes, un beau chalet, un accueil des plus agréables par Alice, une belle basque ( que très vite, in petto, j' appellerai "Alice-la-rebelle" ). Dernière contrariété : il faut aller chercher Caro  restée, par erreur du chauffeur, à Ostabat ; retrouvée toute désorientée; du coup, Alice accepte gentiment de nous faire un petit repas du soir, avant celui du groupe qu’elle attend . Merci encore ! Nuit reposante et, au matin, excellent pdj  mais hélas, brouillard et pluie (fine) nous ôtent la vue sur les montagnes ( heureusement, j’ai pris quelques photos à mon arrivée la veille).Très agréable, le passage chez ce couple jeune, dynamique, venant d’ouvrir leur gîte « Haize Hegoa » (6 places, demi-pension, 30e /pers.). Je suis le premier à inscrire un commentaire sur le livre d’or, de mon mieux bien entendu !

 NB: avant de vous faire voir les nouveaux montages de Jules , revenons sur l' époustouflante nuit au dortoir du gîte de Nogaro ! Pauvre Jules, d'avoir dormi au milieu de toutes ces belles, certaines n'hésitant pas à se dénuder quasi complet , il en a eu son sexe tout ravigoré ! Et à défaut de boire son petit coup habituel, le sarvan était là, pardi, pour l'asticoter ! Et alors ?  Rien, bien sûr, cette nuit fut comme une autre ! mais alors Jules ne put s'enlever de la tête les visions érotiques , ce qui pouvait devenir fâcheux car il regardait toutes les pèlerines comme si elles étaient en petite tenue de chambrée ! Il l'a bien compris « l'ami canda » qui a mis sur dessin les torrides pensées, guère stimulantes pour la marche …

 

Mais retour au sérieux : il lui faut , à Jules, envoyer des documents à ses copains de là-haut :

illustrations envoyées de :  Moissac, puis de St-Jean-Pied-de-Port aux copains du Val d'hermone ( pour les faire pâlir d'envie !)

 

 

( suite ) 3ème partie

 

Caroline et Jules , dans le dortoir préparé par « la maison du Pèlerin » ont bien mal dormi ! Aussi, c'est grognons qu'ils sont allés prendre un petit déjeuner au café afin de mieux décider ce qu'ils doivent faire ! Car le temps est plus qu 'exécrable:  « chemins impraticables », ont dit les Autorités ! Donc décision prise : ils sont contraints de monter en navette jusqu'à Roncevaux ! Quel dommage pour Jules, qui attendait tant de cette grimpée avec, en tête, le souvenir des preux de Charlemagne  (et Roland qui va mourir sous les coups, appelant en vain, de son cor, au secours) ! Mais ils s'y arrêteront tout de même et , sous une pluie battante, Jules essayera de faire des photos ! Ratées, forcément ! 

À Roncesvalles,

 

 nous sommes en Espagne .... Jules conservera au coeur un grand regret :  n'avoir  pas osé faire la montée vers   Roncevaux ! Pourtant tout était prêt !  Dommage !

 

18)  Dix-huitiième étape : St-Jean-Pied-de-Port -- Burgete (Espagne) -- Larrasoana , 54 km ; oui, mais sur le papier ! Car on ne va pas pouvoir le faire ! Décision d’abord : ma Caro me persuade très vite qu’avec la pluie qui tombe et le froid, que nous avons déjà supporté toute la nuit, on ne peut pas passer par la montagne. J’appelle donc « Caroline » -- une autre -- ( "transport- Express Bourricot "), qui nous prend à 10 h. devant le syndicat d’initiative, où attendent déjà 2 jeunes Québecoises. Au fur et à mesure que nous montons, la pluie redouble et à Roncevaux, c’est le déluge ; et avec le brouillard, on ne voit rien ! Pas de paysage. Quel dommage !

 Après 10 minutes d’arrêt ( j’ai pu faire une photo ), la navette continue sur Burgete ; en route,  nous croisons une très longue procession de gens portant des croix, complètement trempés par la pluie ; contact impressionnant avec l’Espagne ! Arrivés au petit village, nous prenons notre  petit casse-croûte sous le porche de l’église et…en avant pour Compostelle ! Avec arrêt pour  cette journée à Larrasoana, à 28 km ( nous venons d’en faire 26, en navette ). A mi-chemin,  caro commence à souffrir, la descente dans la forêt par chemins détrempés? devenus pour elle  très difficiles, nous n’avançons que très lentement ( tout le monde nous doublant, ce qui m’inquiète, car nous allons arriver à la nuit !).

Après un vingtaine de tentatives, une voiture s’arrête et un couple âgé accepte de l’emmener à bon port ; moi, après une marche soutenue, j’arrive au village pour trouver ma Caro devant la porte d’un centre d’accueil municipal ( 50 places , nuit 6 e./pers.) ; inscription terminée, sacs posés au dortoir sur un lit superposé, elle en bas, moi en haut, nous passons à la cuisine (modeste local avec terrasse, qui sert de séchoir, où plusieurs lavent leur linge -- ce que nous allons faire aussi, mais après un petit repas, entre le linge qui pend ! -- et encouragés par notre initiative, deux autres marcheurs  français font de même ; pour détendre l’atmosphère,  je nous fais prendre en photo, en riant et en ironisant: - une vraie cuisine de pèlerin grand confort ! Le lendemain, nouveau stress de caro, qui pressent que le voyage sera dur, si l’accueil est partout comme celui-ci ! Aussi, ne voulant pas la décourager, nous prenons un bus pour Pampelune ( il y a déjà des éclopés à l’intérieur ) ; mais une fois dans le car, nous irons bien au-delà ...

 

 

19 ) Trajet en car Larrasoana -- Estella, 63 km ; vu de beaux paysages ! Changement de car à Pampelune et arrivée à Estella ( dans le bâtiment de l’association, 114 places en dortoirs ; le nôtre a 16 lits superposés, tous occupés ; la nuit sera rude, car notre lit est face à la porte des w-c, à un mètre ( toute la nuit, il y aura le va-et-vient ; certains, guère discrets, comme cette jeune anglaise, qui va tirer la chasse d’eau 4 fois de sui-te !) ; donc, pas un bon souvenir !( nuit 6,5 e./pers.). Le matin, même après le petit déjeuner, la fatigue est là ; il faudrait pouvoir se reposer une demi-journée !    Pensée de Jules toute la journée car ce sont les élections européennes et lui il est sur les routes et chemins espagnols à «  faire le pélerin » et quelque part ça le désole !tant pis , il sera abstentionniste  !!!

 

20) Vingtième étape : Estella – Logrono -- Najera, 72 km ; pour nous échauffer, car le temps est toujours mauvais, nous allons prendre le car jusqu’à Logrono ; il nous reste 23 km pour arriver ! Mais à 6 km de Najera   Caro a mal à son genou ; pour elle, le stop à nouveau ! Je termine en force mais, quand j’arrive à l’auberge, point de caro ! Où est-elle ? Personne ne peut me renseigner et, à l’accueil, aucun ne parle français ! Parti à sa recherche dans le quartier, avec l’aide du prêtre de la paroisse ; nous la retrouvons un peu paumée ! Il nous inscrit et j’explique notre état à l’accueillant -- Québécois –, lui faisant grief de ne pas l’avoir accueillie à son arrivée ; regrets ! (  encore un dortoir, 92 places, nuit 5 e./pers., lits superposés, donc nuit difficile ).

 

21) Trajet  Najera -- Belorado, 45 km ; le temps est encore trop mauvais, nous prenons donc le car du matin avec l’intention de nous arrêter à Santo Domingo  pour marcher ensuite ; mais, là, nous n’avons plus de courage pour en descendre ! A  Belorado, nous prenons un petit dortoir à l’auberge des Quatre Cantons, qui nous fait une bonne impression et où  l’accueil par le portugais Jorge, qui parle français, est excellent ( 6o places, petits dortoirs, nuit +  pdj, 9 e./pers.).

  

 22) Trajet Belorado – Burgos -- Leon, 235 km ; le temps toujours exécrable, le moral en berne, nous prenons le car pour Burgos ; à l’arrivée, nous passons à la cathédrale, 5 minutes de visite avec recueillement et admiration ; petit casse-croûte et à nouveau le car jusqu’à Leon ! Arrivés chez les « Bénedictines » ( 120 places, dortoirs – un pour les hommes seuls, un pour les couples -- beaux locaux, salle d’accueil avec coin cuisine -- participation libre à la nuitée et au pdj ) ; accueil parfait ! Mais, là encore, nous ne pouvons nous reposer, les groupes sont très bruyants ( mes voisins de lit – je suis dans celui du dessus –, à gauche, vont discuter bien après l’extinction des lumières ; à droite, ce n’est guère mieux, chuchotements de 2 jeunes couples ; en face, un de ceux qui sont rentrés du restaurant, lâche 2 pets retentissants ; et toute la nuit, les habituels ronflements, dont les nôtres aussi, sans doute !

 

 23) Vingt-troisième étape : Leon -- Astorga, 43 km ; le pdj du matin ne nous a pas rendu la forme ! La température est de 9°, quand nous sortons de la ville très allongée ; nous n’allons marcher que 17 km et, à San Martino, nous sautons dans un car pour Astorga . A l’auberge San Javier c’est un accueil surprenant avec Skye, un Ecossais, et en musique celte ! Belle auberge, une grande salle de détente avec coin cuisine, des dortoirs ( nuit +pdj, 9 e./pers.). Après notre repas du soir, Caro déjà couchée et endormie aussitôt, je reste dans la salle pour rédiger mes notes, en écoutant la musique country ! Le matin, excellent pdj, toujours en musique, d’où un bon moral revenu ! Au revoir à l’animateur et à son équipe, petit texte cordial sur son livre d’or, courte visite en ville et nous sortons par la rue dos Francos !

 

24) Vingt-quatrième étape : Astorga -- Rabanal del Camino, 20,6 km ; nous sommes à 868 m. d’altitude et nous allons monter à 1156 m. ; je donne mes conseils à Caro, qui démarre très courageusement et que je laisse partir devant ( comme sur une carte postale, que nous avons achetée, avec un couple, elle, devant scrutant l’horizon, lui, derrière comme essoufflé ). Successivement, je passe devant  la residencia San Francisco de Assis, puis l’alberghe de agudas ( le gîte des aigles ); ensuite, une longue traversée avec un beau chemin sur fond de jaune et de vert ; je me retourne quelques fois pour contempler la plaine et la longue file de pèlerins. A 3 ou 4 km de Rabanal, je rattrape Caro qui n’en peut plus ! Je lui conseille de monter tranquillement et je pars devant pour poser les sacs et revenir à sa rencontre ! Je croise alors un groupe de Français, les dames me reprochant fermement ma conduite -- inqualifiable d’abandonner ainsi sa femme épuisée ! Hélas, je ne la retrouve pas ! Car elle a pris la route, sans doute moins fatigante . Elle est arrivée à l’auberge N.S.del Pilar ; bon accueil, locaux impeccables, salle de restauration agréable, un bar ( nuit, 5 e.

/pers.) ; repas vite organisé et petite lessive, car il y a du soleil ; la nuit ne sera pas calme dans notre dortoir à cause d’un ronflement aigu de notre voisine ! Nous nous  relevons et, à la cuisine, je tente de raisonner Caro qui, ensuite, se rendormira ; le matin, les italiens joyeux, exubérants, ont accaparé la cuisine et les ustensiles ; il me faudra donc élever la voix, pour récupérer un couteau, une petite cuillère !  Plus tard, je les doublerai sur la montée ; là, ils ne sont plus bruyants du tout !

 

 

 

 

25 )Vingt-cinquième étape : Rabanal -- Ponferrada, 33 km ;  7 H ., le départ ! Il fait frais, mais lechemin s’annonce bien ; là-haut sur la montagne, on dirait qu’il va faire beau ! C’est dimanche de Pentecôte. Après la mise en route du matin, nous passons à Foncebadon, à 1504 m., la température est tombée à 7°, et la grisaille arrive ! Et en haut c’est 3° avec le vent, le froid  et pluie glacée ! Nous sommes bien vite épuisés ; aussi, quand nous passons sous la « croix de fer », nous n’avons plus la force de marquer l’arrêt en posant nos petits cailloux ; avec le brouillard, nous ne voyons plus le chemin ; ayant égaré mon haut de survêtement, je n’ai que mon poncho pour me protéger de la pluie et du froid ! Caro se laisse aller et je dois lui prendre son sac, la pousser,  lui hurler qu’il faut avancer à tout prix, si l’on ne veut pas mourir ! Rien n’y fait ! Par crainte de nous perdre, je quitte le chemin . Le vertige de la mort est là ! Et plus personne sur le parcours ! Seul un couple, moins mal en point, nous double . Sur la route, nous nous traînons et successivement passent 2 navettes chargées de bagages ; cela me rassure un peu ! Puis arrive la descente : pour Caro c’est pire que pour la montée ! Dantesque ! Impossible de manger ou de boire, j’ai les doigts gelés ! Exténués, nous nous en sortons quand même ! A Ponferrada, on nous installe dans un dortoir de 22 lits, tous occupés (180 places, nuit, 5 e./pers.). Beaucoup de monde, même dans le coin-cuisine de la salle de détente ; pour se faire une petite place et prendre notre premier repas de la journée, je suis obligé de bousculer un groupe d’Allemands, reposés, en grande conversation ! Discussion encore avec une retraitée, épuisée et jambe douloureuse, je l’encourage et nous décidons de partir, les trois, pour Lugo, mais en car ! 

 ( la montée vers le col de Foncebadon, inoubliable , douloureusement ! )

 

 

26 ) Trajet Ponferrada – Lugo -- Sarria, 87 km ; avec un temps toujours très froid nous rejoignons en car Lugo, puis Sarria avec un autre . Colette, la retraitée de Paimpol, 66 ans, courageuse, mais soufrant trop d’une jambe, continue sur Santiago. Tant pis pour l’étape mythique d’O Cebreiro ! Mais à 1300 m., avec le même temps que la veille, cela aurait été trop imprudent ! Regret d’avoir sauté  Villafranca del Bierzo, la ville jacquaire  par excellence ! Arrivée tranquille à Sarria, dans une petite auberge bien tenue ; nous sommes  3 dans un dortoir mais, avec l’arrivée d’ un groupe de jeunes gens VTTistes, nous sommes invités à passer au premier étage, dans un autre petit dortoir où nous serons au calme ! Petits achats et repas tranquille, seuls dans la cuisine . Quel changement ! Repos enfin ! Lever en paix et départ, 8h. 45, avec beau temps et une température plus clémente de 13 ° !  Bon souvenir de cette ville, fondée par un roi qui y mourut alors qu’il était en pèlerinage vers Compostelle, vitrine des produits traditionnels de le région .« donativo », ce que je regrette ensuite) ; toujours un peu méfiant vis à vis du jeune espagnol, car j’ai l’impression qu’il me « cherche » ! A 4 h., pdj vite fait et départ sur la route, car il fait à peine jour et il pleuvine !

      Vous imaginez ce qu’il a dû penser, notre Jules, dans un car espagnol ( piteusement …jouant les éclopés !!! )

 

On revoit tout ce circuit avec quelques montages expédiés à Fanfoué  :


Le couple souffre ! Les marches sont devenues dures car plus ensoleillées et le changement de temps laisse des traces ! Et puis jules est devenu plus « nerveux » et parfois agacé il ne serait pas loin de « faire le coup de poingt » ! il se sent d'ailleu
rs « titillé » pour cela …   encore le sarvan sans aucun doute ..

 

 

 mais, Jules, crie au secours , le MATAMAURE t'entendra ...
mais, Jules, crie au secours , le MATAMAURE t'entendra ...


DOCUMENTS pour illustrer :


d'abord, un coup d'oeil au personnage du " MATAMAURE" 

 

PUIS ...



 

 

                              





EPILOGUE :hé, les amis, il faut que je vous avoue une chose ! Mais j'ai honte …

tout ça , tout ce que je viens de vous écrire, mais vous savez c'est dans un rêve que je viens de le vivre ! Le récit de Jébo m'a tellement marqué, en son temps, que j'ai voulu le faire, moi aussi, ce « sacré Chemin » , diable-de-diable !!!

et alors ?

                QUEL  REVE !


j'en suis encore tout secoué 15 jours après !

   vous voudrez bien m'excuser d'avoir fait pareille blagounette 

      

  je vous salue bien fort   Jules du Val d'  Hermone