Suite : l' « arrivée au port ... »

 

 

au mieux de sa forme, et ayant acquis aisance et connaissances, voici notre homme participant à des formations initiatrices à la fonction «  gestion de personnel », dans des organismes de formation qui « fleurissaient » depuis le lancement de la loi sur la formation permanente -- lui, il avait retenu le «  CSSE » ( collège des sciences sociales et économiques » du Bd St-Germain ; il faisait intervenir des "pros" venant du club de directeurs de personnel qu'il avait mis sur pied : le « G I E R » ; bref, il était parfaite-ment dans son affaire … et c'est alors que, par quelques détours, utilisant son réseau, il fut recruté chez Trailor ( siège à Maurepas et grosse usine à Lunéville ) ; lui habitait le XIVè, mais qu'à cela ne tienne, il allait en train chaque matin àson bureau de banlieue  ! nommé «  Chef du Département Personnel et Relations Sociales », sous les ordres, non pas du DG comme il aurait voulu, mais du Directeur Financier – avec qui il était en excellen-tes relations --, grand praticien de la finance et avec, de plus, un bon rela-tionnel ! Donc à la différence des précédentes expériences tout se présenta fort bien …. 

 

 

«  nous mettions alors en place des procédures de gestion de personnel et de relations sociales plus adaptées et surtout sortant des us et coutûmes prévalant dans le secteur de l'automobile "

 

Avec un directeur d'usine, ex-militaire, parfaitement à l'aise dans la direction d'usine mais qui ne cachait pas sa résistance devant ces "admi-nistratifs du Siège n'y comnnaissant rien", voire même ses sarcasmes à l'égard des 2 cadres ( "des « danseuses", grommelait-il ) ; personnellement, JJL-B ne comprenait pas, lui qui avait :

"baroudé" sur "les pitons" de gde Kabylie, à la recherche de "bandes de résistants" (appelés "les fells") !

puis organisé les conditions de vie de personnels sur les atolls du chantier d'expérimentation du Pacifique …

donc, protestait-il auprès de son Directeur financier «  je n'ai rien d'une danseuse » ! et pour bien afficher sa capacité, n'alla-t-il pas, notre « initia-teur » jusqu'à se montrer capable de « faire le commercial », en vendant un camion Trailor à une entreprise du Chablais !!! hélas, rien n'y fit , il faudra encore une autre initiative plus «  curieuse »  pour faire taire ces censeurs de l'usine de Lunéville !

 

2 ans lui suffirent pour mettre en place une structure et des règles nouvel-les dans la gestion des personnels et l'animation des relations sociales avec les représentants du personnel et /ou syndicaux … mais, une régression des ventes avec forte concurrence des entreprises américaines amena la Direc-tion à envisager un licenciement collectif ! Et alors, que va nous faire celui qui passait pour un « gauchiste » ? parcourons son explication après coup 

 

«  je ne pouvais pas me comporter comme un simple coupeur de tête dans une contrée où il serait difficile de perdre son boulot ! Donc, pour épargner le licenciement d'ouvriers qui resteraient sur la tapis ( nous n'avions pas encore en France de «  système social » ) je fis une recherche sur les Cadres n' occupant pas des postes indispensables dans l'immédiat et qui accepteraient d' être mis sur la touche ; et, pour mont-rer l'exemple, étant bien rodé dans mon job, dont pourrait alors s'occu-per le Directeur financier lui-même, faisant ainsi office de chef de personnel par intérim ,je «  pris la tête des volontaires au licenciement », considérant que ma mission était terminée ; «  comportement provoca-teur », fut-il alors répété à l' ANDCP, car il avait cru devoir les prévenir en même temps que l'inspection du Travail ; sans doute pas totalement fausse, cette remarque, sinon comment expliquer ce long article paru dans une revue professionnelle ! grosse surprise, car cela marcha …. le journal des Cadres de la CGT décida alors de faire un article ( qui m' a paru, à défaut d'être élogieux, au moins suffisamment explicite pour illustrer mon état d'esprit et ma conception de la fonction ) ; un journa-liste fut vite trouvé , son nom devant renforcer l'étonnement, voire la suspicion d' un coup monté ! «  Jérôme Bouvier – journaliste --, rencontrant Jérôme -- DRH --, voilà un titre ! Beaucoup de mes collègues pensèrent alors que j'étais un journaliste infiltré ; d'autres que j'étais un sous-marin de la Cgt , introduit dans les entreprises pour faire des émules et amorcer une agitation syndicale ! Moi ? Heureux ! Je menais, une fois de plus une expérience professionnelle audacieuse, pas-sionnante avec l'esprit de liberté et le dynamisme qui me caractérisaient ( bien entendu, le directeur Financier qui m'appréciait en parla à son Président qui ne fut nullement surpris de pareille initiative , car il devait sentir qu'il y avait dans l'air des idées progressistes ... 

                                              à suivre